La récolte du liège est probablement l'une des étapes les plus fascinantes de son histoire.
Ici, pas de moissonneuse parcourant un champ et pas d'arbre abattu pour récupérer sa matière.
La récolte, appelée levée du liège, consiste à détacher une partie de l'écorce du chêne-liège tout en préservant l'arbre.
Elle nécessite expérience, précision et connaissance du végétal.
La levée s'effectue lorsque les conditions permettent à l'écorce de se séparer correctement de l'arbre, traditionnellement pendant la période chaude.
Mais tous les arbres ne peuvent pas être récoltés.
Leur développement, l'état de l'écorce et le temps écoulé depuis la précédente levée doivent être pris en compte.
Au Portugal, les récoltes successives sont espacées d'au moins neuf ans.
La nature impose donc son propre calendrier.
L'écorce est traditionnellement retirée à l'aide d'une hache spécifique.
Le geste peut sembler simple lorsqu'on l'observe. Il ne l'est pas.
Il faut inciser l'écorce sans endommager les tissus vivants situés en dessous, déterminer les zones pouvant être détachées et accompagner la plaque de liège lorsqu'elle se sépare du tronc.
Les personnes qui effectuent ce travail possèdent un savoir-faire spécialisé acquis par l'expérience.
La qualité du geste est essentielle à la préservation de l'arbre.
Lorsque l'écorce se détache
Progressivement, de grandes plaques sont séparées du tronc.
Le chêne apparaît alors avec une couleur différente sur la partie nouvellement découverte.
Il n'est pourtant pas laissé sans défense : il commence progressivement à reconstruire son écorce.
Un nouveau cycle débute.
Sur les troncs, des marquages permettent traditionnellement d'identifier l'année de la dernière récolte afin de respecter le cycle suivant.
Une fois récoltées, les plaques de liège commencent une nouvelle étape de leur existence.
Elles sont notamment laissées au repos avant de poursuivre leur transformation.
Selon leur qualité et leurs caractéristiques, elles connaîtront ensuite différents usages.
Bouchons, isolation, décoration, design, objets ou tissu : derrière ces applications très différentes se trouve toujours la même matière originelle.
Cette étape nous touche particulièrement chez Casaval.
Parce qu'avant même d'arriver dans notre atelier, le liège a déjà rencontré le geste humain.
Celui qui sait observer l'arbre.
Celui qui sait quand intervenir.
Celui qui maîtrise son outil suffisamment pour prélever sans détruire.
Plus tard viennent d'autres mains : celles qui transforment la matière, puis celles qui la découpent et la cousent.
Du chêne-liège à l'objet terminé se dessine ainsi une chaîne de savoir-faire.