Certaines histoires naissent d’une idée.
D’autres prennent racine bien plus tôt, dans les souvenirs d’enfance, les gestes transmis de génération en génération et les paysages qui façonnent notre regard sur le monde.
L’histoire de Casaval appartient à cette seconde catégorie.
Casaval n’est pas née le jour où son nom a été déposé.
Elle est née bien avant, dans une maison où le travail manuel faisait naturellement partie du quotidien. Une maison où l’on réparait plutôt que de remplacer, où l’on fabriquait plutôt que d’acheter, où chaque objet avait une histoire et où chaque tissu pouvait connaître une seconde vie.
Très tôt, la couture est devenue un langage familial.
Observer un vêtement prendre forme, voir une étoffe plate devenir un objet utile, comprendre que la patience et la précision permettent de créer quelque chose de durable… Ces gestes simples ont profondément marqué mon regard.
Sans le savoir, les premières pierres de Casaval étaient déjà posées.
Mon histoire est d’abord celle d’un mélange subtil entre deux cultures qui ont façonné mon enfance : la France, par mon père, et l’Espagne, par ma mère.
Deux univers différents, mais qui se rejoignent dans des valeurs communes : le goût des choses simples, l’importance de la famille, le respect du travail bien fait et l’attachement aux traditions.
J’ai grandi avec cette double identité, entre rigueur et chaleur, entre structure et spontanéité, entre deux façons de voir le quotidien qui se complètent plus qu’elles ne s’opposent.
Plus tard, une troisième culture est venue enrichir cet héritage : celle du Portugal, à travers la famille de mon mari.
Une culture découverte à l’âge adulte, mais qui s’est imposée avec une évidence immédiate. Comme une continuité naturelle de ce que je connaissais déjà, avec cette même attention portée à l’artisanat, aux matières, aux savoir-faire et à la transmission.
Peu à peu, ces trois influences se sont entremêlées pour former un imaginaire commun.
Ces cultures ne se vivent pas seulement à travers les personnes, mais aussi à travers les lieux.
Les villages espagnols baignés de lumière.
Les maisons françaises où l’on valorise la simplicité et la fonctionnalité.
Les paysages portugais, entre océan, collines et forêts de chênes-lièges.
Les marchés, les ateliers, les objets du quotidien fabriqués pour durer.
Et toujours cette présence discrète mais essentielle du fait main.
C’est dans cet environnement que s’est construit mon regard sur les objets : non pas comme de simples biens de consommation, mais comme des compagnons de vie.
Parmi les éléments qui relient ces cultures, le chêne-liège occupe une place particulière.
Au Portugal, il fait partie du paysage depuis des siècles. On le retrouve aussi dans certaines régions d’Espagne, où il incarne une relation respectueuse entre l’homme et la nature.
Cet arbre fascinant est préservé au fil du temps : on prélève son écorce sans jamais l’abattre, lui permettant de continuer à vivre et à se régénérer.
Bien avant de devenir la matière première de Casaval, le liège faisait déjà partie de mon univers, à travers les histoires familiales, les voyages et les découvertes.
Comme beaucoup, j’ai d’abord suivi un parcours professionnel éloigné de l’artisanat.
Pendant plusieurs années, j’ai exercé dans le domaine de l’ingénierie, un univers où la rigueur, l’organisation, la méthode et l’analyse occupent une place essentielle.
Cette expérience m’a beaucoup appris.
Elle m’a apporté un sens aigu de la qualité, de la précision et de l’exigence.
Mais au fil du temps, un besoin est devenu de plus en plus présent : celui de créer de mes mains.
Créer un objet concret.
Imaginer.
Dessiner.
Assembler.
Voir naître une pièce unique.
Ce besoin de retrouver le geste artisanal est devenu une évidence.
Changer de voie représentait un véritable défi, mais aussi une formidable opportunité de donner davantage de sens à mon activité professionnelle.
Chaque créateur connaît un moment décisif.
Celui où il découvre la matière qui lui donne envie de construire tout un univers.
Pour moi, ce fut le tissu de liège.
Dès les premiers instants, cette matière m’a fascinée.
Sa douceur.
Sa souplesse.
Sa résistance.
Sa texture naturelle.
Ses nuances uniques.
Son élégance discrète.
Le tissu de liège réunit des qualités rarement associées dans une seule matière : esthétique, innovation, confort, durabilité et respect de l’environnement.
J’y ai immédiatement vu bien plus qu’un matériau.
J’y ai vu une véritable signature.
Aujourd’hui encore, chaque nouvelle collection commence par cette même émotion : choisir un tissu de liège, imaginer les associations de couleurs, toucher la matière, réfléchir aux usages qu’elle permettra.
Créer une marque, ce n’est pas seulement fabriquer des objets.
C’est construire un univers.
Lorsque le moment est venu de donner un nom à cette aventure, une évidence s’est imposée.
Casaval.
« Casa », la maison en espagnol et en portugais.
Et « Val », un surnom qui m’accompagne depuis longtemps.
Deux syllabes qui racontent à elles seules ce que je souhaitais transmettre.
Une maison.
Un lieu de vie.
Un lieu où l’on prend soin des objets.
Un lieu où l’on partage.
Un lieu où chaque création trouve naturellement sa place.
Casaval est devenue le reflet de cette philosophie.
Une marque française profondément inspirée par les cultures qui m’ont construite et enrichie, où les objets sont pensés pour accompagner le quotidien avec simplicité, élégance et authenticité.
À une époque où tout semble devoir être produit plus vite, en plus grande quantité et à moindre coût, Casaval fait un autre choix.
Celui du temps.
Chaque création est imaginée, conçue et fabriquée en France, dans mon atelier.
Je privilégie les petites séries et, lorsque cela est possible, la fabrication à la commande.
Ce fonctionnement permet d’accorder à chaque pièce toute l’attention qu’elle mérite.
Il limite également le gaspillage et évite la surproduction.
Chaque création passe entre mes mains.
Chaque couture est réalisée avec soin.
Chaque finition est contrôlée avant de quitter l’atelier.
Ce rythme est volontaire.
Parce que la qualité demande du temps.
Choisir un objet Casaval, ce n’est pas seulement acheter un accessoire ou un objet de décoration.
C’est soutenir un artisanat français.
C’est encourager une fabrication raisonnée.
C’est privilégier une matière naturelle et renouvelable.
C’est faire le choix d’un objet conçu pour accompagner durablement votre quotidien.
Je suis convaincue qu’un bel objet est celui que l’on garde longtemps.
Celui que l’on utilise avec plaisir.
Celui qui traverse les années sans perdre son charme.
Cette vision guide chacune de mes créations.
Depuis la création de Casaval, l’atelier évolue, les collections s’enrichissent et de nouveaux projets voient le jour.
Chaque rencontre avec un client, chaque salon, chaque échange avec un artisan nourrit cette aventure.
Demain, Casaval poursuivra son développement avec la même ambition : mettre en lumière le tissu de liège, valoriser les savoir-faire artisanaux français et proposer des créations durables, élégantes et profondément humaines.
Parce qu’au-delà des objets, ce sont avant tout les histoires que nous partageons qui donnent du sens à notre travail.
Et l’histoire de Casaval ne fait que commencer.